Les contes fascinent encore…

Massaboulou ! Massaboulou !

Depuis le fond de la salle Moussa Ballo, conteur guinéen, vêtu d’un boubou de dozo*, tchèkerer* en main, fait son entrée sur scène en chantonnant. Son public, déjà impatient, le cherche du regard. Sur la scène, l’instrumentiste derrière son balafon se laisse bercer par Morphée. Une fois sur le podium, alors qu’il doit raconter son histoire, le conteur constate que son acolyte dort. Alors il faut le réveiller !

Moussa avoue qu’il ne peut le faire sans la complicité de son public. L’auditoire est donc sollicité à prononcer la seconde partie du mot magique une fois que le conteur aura entonné la première.

-Massaboulou !
-(l’auditoire) Ahooooo

Le décor est enfin planté. Le conte peut commencer…

Avec un public constitué d’enfants et d’adultes, la salle pleine, hurle pour donner son approbation. Ce soir le conteur est en compétition avec quatre autres pays dont le Canada et la RD Congo.

La tradition africaine est orale. En Afrique, l’Histoire se transmet par des chants, des danses mais surtout par les contes qui constituent l’un des canaux les plus importants qu’utilisent les anciens pour transmettre les coutumes à leurs descendants.

Des moralités qui éduquent…

Chants, danses, mimes, applaudissements, tam-tam… A l’époque, (c’est ce que les personnes âgées disent) le conte était le moment privilégié de distraction mais également d’enseignement des valeurs aux jeunes générations. On y tire des moralités qui éduquent. Dans certaines régions et contrées, cette tache est dévolue aux griots, une caste qui a l’art de la parole et qui la transmet de génération en génération.
Pour le premier jour de conte, ce 23 juillet, Bamba Sita secrétaire de direction a profité de son dimanche pour emmener ses enfants voir la séance :

«  Nous n’avons plus le temps de leur raconter des histoires à l’ancienne à la maison. J’ai envoyé mes filles afin qu’elles puissent s’imprégner des nos réalités africaines. »

Mère de 3 filles, le conte est la seule activité qui l’intéresse à ces VIIIes jeux.
Marie-Paule , 8 ans, qui assiste pour la première fois à ce type de spectacle explique qu’elle est fascinée par le conteur :

« J’ai trouvé  cela amusant surtout les chants pendant qu’il racontait mais également la manière de danser »

Wenceslas le timide, conteur togolais professionnel depuis 17 ans, arrive pour la première fois en Cote d’Ivoire :

« Le public est génial. Ils répondent bien. Parce que ce qui donne la pêche au conteur c’est lorsqu’il y a une communication automatique avec le public, il reprend confiance et peut donner le meilleur de lui-meme, et c’est ce qui vient de se passer »

Pour lui les jeux de la francophonie sont une opportunité pour se faire connaître à l’international.
Il n’y a pas de feu, comme cela se faisait dans le village, pas d’igname ou banane rôti à partager pour dégustation pendant le conte mais l’ambiance est là. Tous étaient contents d’être libres ensemble malgré la diversité.

* Tchèkerer: calebasse africaine, recouvert de filet avec des colliers qui fait du buit
*Dozo : chasseur traditionnel

 

1 Commentaire

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

shares