Jeux de la francophonie: 10 jours pour transformer Abidjan

Abidjan a fait sa toilette à certains endroits. Du 21 au 30 juillet, la Côte d’ivoire abrite les VIIIes jeux de la francophonie. 10 jours de sport, 10 jours d’émotions, 10 jours de flashs. Mais aussi, 10 jours pour la citoyenneté. De la lumière sur scène, de la lumière dans les cœurs, transformer Abidjan en un havre de paix. Gbès est mieux que dra.

Il est 10 heures ce matin du 24 juillet 2017. Je suis de passage à Abobo, avant de rejoindre l’équipe de mondoblog au palais de la culture d’Abidjan. Une caravane « Libre ensemble » croise mon chemin…J’y reviendrai.

 Entre-temps parlons d’Abobo, »Abobo la guerre ». Gbès est mieux que dra.

C’est vrai, Sonia Guiza vous avait déjà trop bien présenté Abidjan à travers 4 de ses communes les plus importantes (Yopougon, Cocody, Marcory et Plateau). Quant à Abobo, c’est « une ville dans la ville ». À la fois en marge et en plein Abidjan. Au cœur d’Abidjan parce que c’est la deuxième commune la plus peuplée du district autonome d’Abidjan (selon le RGPH 2014).

Abobo la Guerre

Pas vraiment dans le cœur des ivoiriens, son seul nom est à vous glacer le sang. C’est presque « l’enfant très mal élevé qu’on cache aux visiteurs ». Commune réputée violente , située à Abidjan nord, Abobo, depuis belle lurette revendique porte le surnom « d’Abobo la guerre »

On est bien loin des surnoms poétiques donnés aux autres communes :

« Yopougon la joie »

« Marcory la coquette »

« Plateau l’administrative ».

En effet, Abobo est comme on le dit à Abidjan, la commune des « chercheurs », c’est à dire de ceux qui « se cherchent », qui luttent pour assurer leur quotidien. C’est le théâtre des commerces informels, vendeurs de mouchoirs à la sauvette, vendeurs installés sur la route, mais aussi des gbakas (véhicule de transport en commun peu rassurant) et enfin des « fameux » microbes (ces jeunes sanguinaires de 10 à15 ans qui agressent à la machette).

Sérieusement que peux faire la francophonie? Gbès es mieux que dra.

Initiée par la francophonie, la caravane « libres ensemble » sillonnera les communes d’Abidjan le temps des jeux de la francophonie. 10 jours pour essayer de changer des réputations comme celle d’Abobo qui date d’une vingtaine d’années. D’ailleurs, cette campagne a démarré depuis cette commune. Aussi, la mobilisation a été de mise. on pouvait voir au rond-point de la mairie d’Abobo une foule de curieux. En effet, ils étaient perchés sur le toit de gbaka pour certains. Pour d’autres, ils étaient arrêtés sur des brouettes, écoutant les messages de paix et d’amour lancés par la caravane. Durant toute la manifestation, on entendra des messages forts comme celui-ci:

« Abobo tu n’as plus besoin de haine, de guerre, de violence »

La Caravane et les jeunes vecteurs de paix

La caravane « Libres Ensemble »est pilotée par le Dr Phillipe Ibttowa président de l’UCBG (Université de la Citoyenneté et de la Bonne Gouvernance), à qui nous avons posé quelques questions. Gbès est mieux que dra.

caravane

Dr Phillipe Ibttowa.Président de UCBG. Crédit photos Aboudramane Koné

−Bonjour M. c’est quoi cette caravane?

— Bonjour. il s’agit de la caravane « libres ensemble ». C’est une initiative de l’OIF qui a été lancée en mars 2016 à Paris, à cause de la radicalisation (politique, culturelle) à la quelle nous assistons de plus en plus.

—Quels sont les buts visés?

—Nous voulons que les jeunes soient des vecteurs de paix, promouvoir des valeurs qui sont celles de la francophonie: solidarité-liberté-diversité-paix.

—Le choix d’Abobo comme commune de lancement de la caravane, cela répond à quoi?

—Abobo est la commune la peuplée d’Abidjan. C’est aussi comme vous le savez une zone très sensible, bouillonnante sur tous les plans. C’était l’endroit idéal pour pareil lancement.

— Quelle est maintenant la suite?

— La caravane va sillonner le reste du district d’Abidjan. Nous allons de ce pas à Williamsville (un quartier d’Abidjan). Mercredi, nous serons dans la commune historique de grand Bassam où nous ferons de 30 personnalités des arts et de la musique ivoirienne (Meiway, ambassadeur Agalawal, Caroline Da Silva…) des ambassadeurs de paix.

 

Dès que l’interview finie, je m’empresse d’interroger l’un des bramôgô (citoyen en argot ivoirien) qui assistait à la caravane.

— Brâmôgo, tu as retenu quoi de tout ça? Gbès est  mieux que dra.

— Leurs discours étaient vraiment propres (intéressants). En tout cas, nous on est d’accord avec ça.

Espérons tout simplement,  qu’en 3h chrono (de 09H à12H), la caravane « libres ensemble » aura réussi à faire d’Abobo la guerre, en Abobo la paix.

Gbès est mieux que dra.

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