#abidjan2017 : des chauffeurs de taxi en colère

Crédit : Benjamin Yobouet

La sécurisation des VIIIème jeux de la francophonie qui a ouvert ses portes à Abidjan le 21 juillet et ce jusqu’au 31 du mois fait grincer quelques dents dans la capitale économique ivoirienne. Abidjan est sens dessus-dessous et plusieurs stratégies sont mises en place  pour assurer la sécurité des participants et donner fière allure à la ville.

Malgré le grand nombre de visiteurs sur les bords de la lagune Ebrié qui constituent des clients potentiels pour eux, les chauffeurs de taxi semblent ne pas trouver leur compte. La suppression de certaines gares de taxi et l’interdiction de stationner ne sont pas faites pour arranger les affaires. Koné Adama, chauffeur de taxi, ce 22 juillet :

« C’est vraiment énervant ! Nous ne pouvons plus travailler. Nous n’avons le droit de stationner nulle part pour prendre un client parce que les  forces de l’ordre nous l’interdisent. Doit-on arrêter de travailler pour nourrir nos familles parce qu’il y a les jeux de la francophonie ? »  

Selon ses dires, il tourne depuis quelques jours dans la zone sud d’Abidjan où se trouvent plusieurs sites dédiés aux jeux de la francophonie espérant avoir plus de clients. Cependant il dit se heurter à chaque fois aux forces de l’ordre. Cissé Amidou vit également la même situation :

« Nous sommes censés gagner un peu plus en cette période où Abidjan est plein de touristes. Nous voulons aussi en profiter mais les policiers nous empêchent de stationner aux endroits où les événements se déroulent. Finalement on ne sait plus quoi faire…»

Ces taximan dénoncent tous l’excès de zèle des forces de l’ordre qui selon eux constituent un obstacle à leur travail.

Excès de zèle

Drissa Kamagaté a lui été interpelé à  trois reprises par les policiers rien que dans la journée  du 21 juillet. Ces derniers menaçaient à chaque fois de  lui retirer son permis de conduire.

« En plus s’ils le prennent je vais devoir payer pour le récupérer » lance-il. Pour lui c’est une autre occasion pour ces forces de l’ordre de leur prendre des sous. « Ils sont payés pour ces jours-là mais veulent se débrouiller pour nous racketter ».

Du coté des taxis communaux et intercommunaux, la situation est la même. Georges Gueu chauffeur de *woro-woro dans la commune de Cocody affirme que depuis le début de la semaine il est difficile pour lui de s’arrêter à chaque carrefour comme il le faisait auparavant pour prendre des clients. Il lui arrive donc de faire de longues distances sans prendre de clients ; ce qui selon lui aura un impact négatif sur sa recette journalière. De quoi le mettre en colère. Cette fureur de conducteur, Viviane Abeba a failli en payer les frais le 20 juillet après que les forces de l’ordre aient déguerpis les gares de taxis communaux au grand carrefour de Koumassi.

«  J’ai manqué de me faire lyncher par les chauffeurs de wôrô- wôrô et chargeurs de véhicules qui m’ont menacé juste parce que j’avais mis un tee-shirt a l’effigie de la francophonie. »   Elle explique que les conducteurs et leurs adjoints tenaient à défouler leur colère sur elle au motif que les jeux de la francophonie étaient la cause de leur souci- quoique ce soit une partie de la chaussée qu’ils utilisaient comme gare ce qui favorisait des embouteillages monstres. Mais pour Ladji Harouna venu du Niger et usager de taxi le dispositif est compréhensible «  pour une manifestation de cette envergure, on comprend que le dispositif sécuritaire soit ainsi. »

Périmètre de sécurité

Interrogé sur la raison pour laquelle les taxis n’étaient pas autorisés a stationner près des sites réservés à la francophonie K. A agent du CRS II explique :

« c’est le périmètre de sécurité qui a été défini. C’est pour votre propre sécurité ainsi que celle des jeux. Nous ne savons pas ce qu’un véhicule qui stationne peut transporter ».

En sus il mentionne le désordre que ces chauffeurs créent à chaque fois qu’ils s’arrêtent. Quant à son supérieur L.S il affirme :

« Nous sommes désolés pour le désagrément mais il va falloir vous armer de courage car cela risque de s’accentuer ».

*worô-wôrô : taxi communal

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

shares